La trame
"Noise Variations" est un voyage sonore au cœur des glaciers de l'Arctique et de nos imaginaires, où la glace résonne, chante et craque, où les scientifiques explorent, fouillent et se confrontent à l'insaisissable. Là où peu d’oreilles se sont aventurées, Ugo, jeune glaciologue passionné, invite son ami d'enfance, Clovis, artiste sonore, à se joindre à lui. Clovis devient ainsi l'un des rares non-scientifiques à fouler et écouter la communauté la plus au nord du monde à Ny Ålesund, au Svalbard. Nous retrouvons Ugo et son équipe norvégienne dans une effervescence préparatoire. Ils s'apprêtent à installer leurs sismomètres - des micros ultra-sensibles - sous 350 mètres de glace, une première mondiale. Leur objectif : écouter les craquements du glacier pour comprendre sa réponse au changement climatique. La glace craque, la neige fond et les rivières grondent sous un air qui se réchauffe sans cesse.
Au plus profond du fjord, par-delà les cris des oiseaux et le rugissement des phoques, l’humain devient minuscule et le glacier résiste. Il engloutit les instruments de mesure, les rend muets et refuse de livrer son chant. La mission échoue. Face aux doutes grandissants et au silence des scientifiques, Clovis se laisse alors porter par les murmures de l'Arctique, au rythme d'un soleil perpétuel. Il nous plonge dans un univers sonore unique et vulnérable. À ses côtés, Ugo déplace lui aussi son point d’écoute et apprend à lâcher prise face à une réalité indomptable avec laquelle il cherche alors à cohabiter, non pas contre mais tout contre.
Et c’est alors qu'en tendant l’oreille arrivent des murmures.
Au plus profond du fjord, par-delà les cris des oiseaux et le rugissement des phoques, l’humain devient minuscule et le glacier résiste. Il engloutit les instruments de mesure, les rend muets et refuse de livrer son chant. La mission échoue. Face aux doutes grandissants et au silence des scientifiques, Clovis se laisse alors porter par les murmures de l'Arctique, au rythme d'un soleil perpétuel. Il nous plonge dans un univers sonore unique et vulnérable. À ses côtés, Ugo déplace lui aussi son point d’écoute et apprend à lâcher prise face à une réalité indomptable avec laquelle il cherche alors à cohabiter, non pas contre mais tout contre.
Et c’est alors qu'en tendant l’oreille arrivent des murmures.
La place de la musique
Grâce au travail et à la sensibilité d’Ugo, le son des glaciers devient un son audible, riche en variations et porteur de messages. L’étape suivante pour sortir d’une simple donnée brute scientifique, est d’en faire une matière émotive, un support narratif. La musique organise ces sons pour les structurer en une narration émotionnelle. La musique est une écoute subjective partageable et déclarée qui propose une narration.
Ce qui nous importe ici n’est pas juste de donner accès à la froide réalité scientifique de ces sons (à supposer qu’il existe une réalité scientifique, qui est de toute façon une construction narrative et subjective déjà en soi), mais de travailler sur la perception, l’interprétation de ces sons et de donner accès aux pans d’imaginaires qu’ils peuvent (re)dessiner. La musique, nous semble alors un vecteur essentiel dans ce processus de subjectivation, de traduction d’émotion et de création de narration.
C’est pourquoi nous avons associé les musicien.ne.s Pak-Yan et Giovanni Di Domenico à notre création. Ce seront eux qui donneront vie à la voix des glaciers en l’extrayant des griffes des grilles scientifiques pour leur donner son envol musical.
Ce qui nous importe ici n’est pas juste de donner accès à la froide réalité scientifique de ces sons (à supposer qu’il existe une réalité scientifique, qui est de toute façon une construction narrative et subjective déjà en soi), mais de travailler sur la perception, l’interprétation de ces sons et de donner accès aux pans d’imaginaires qu’ils peuvent (re)dessiner. La musique, nous semble alors un vecteur essentiel dans ce processus de subjectivation, de traduction d’émotion et de création de narration.
C’est pourquoi nous avons associé les musicien.ne.s Pak-Yan et Giovanni Di Domenico à notre création. Ce seront eux qui donneront vie à la voix des glaciers en l’extrayant des griffes des grilles scientifiques pour leur donner son envol musical.
L'approche sonore: le field recording
L’approche sonore de Clovis se focalise sur la recherche des sons concrets de son environnement. Son objectif est d’enregistrer le plus fidèlement possible ce que ses oreilles perçoivent, tout en conservant une certaine subjectivité, étant donné la subjectivité du placement et de l’ouverture des micros. Les choix effectués sur le terrain sont ensuite retravaillés (ou pas) en studio afin de communiquer la sensation voulue lors de la diffusion. C’est en surface que Clovis opère généralement, car il aime enregistrer là où il peut se rendre avec ses oreilles. Ici, enregistrer le craquement des glaciers à des centaines de mètres de leur source n’est pas l’objectif de Ugo ni de son équipe, car ils souhaitent accéder à leur source, située à 350 m sous la glace.
Clovis, et avec lui l’auditeur ou l’auditrice, découvre une nouvelle façon d’enregistrer et de transmettre ces sons. Ces sons, ces ondes qui ne naviguent plus dans l’air et ne viennent plus “frapper l’oreille” comme le définit Murray Schafer, mais qui, de la glace, un élément solide, à nos oreilles, ces vibrations imperceptibles doivent être complètement modifiées et interprétées afin d’en tirer des résultats scientifiques et des transcriptions audibles. Avec Ugo, Clovis se confronte à la sensation d’enregistrer des sons inaccessibles, dotés d'une sensibilité qui dépasse celle humaine et poursuit une nouvelle finalité : la recherche scientifique.
Clovis, et avec lui l’auditeur ou l’auditrice, découvre une nouvelle façon d’enregistrer et de transmettre ces sons. Ces sons, ces ondes qui ne naviguent plus dans l’air et ne viennent plus “frapper l’oreille” comme le définit Murray Schafer, mais qui, de la glace, un élément solide, à nos oreilles, ces vibrations imperceptibles doivent être complètement modifiées et interprétées afin d’en tirer des résultats scientifiques et des transcriptions audibles. Avec Ugo, Clovis se confronte à la sensation d’enregistrer des sons inaccessibles, dotés d'une sensibilité qui dépasse celle humaine et poursuit une nouvelle finalité : la recherche scientifique.
À l'origine de chaque son se trouve la vibration. Ugo et son équipe captent les vibrations du glacier avec des sismomètres, des micros très sensibles traditionnellement utilisés pour étudier les tremblements de terre. Cependant, ces vibrations sont inaudibles à l'oreille humaine, car elles se propagent dans la glace et non dans l'air et sont des infrasons (<20 Hz). Ugo les traduit d’abord en courbes pour les étudier et puis les transforment sons pour s'y immerger, capturant ainsi chaque mouvement du glacier, tels que l'ouverture de crevasses, la compaction de la neige, le ruissellement de l'eau ou bien la rupture des icebergs.
Pour rendre ces vibrations audibles, Ugo travaille ses données dans une suite de traitements audio et de recherches à travers la filtration, les modifications temporelles, les stratifications (montage et extractions de divers enregistrements). Ugo traduit les mesures instrumentales, de simples variations de courant électrique en signal informatique, puis ajuste les fréquences et les amplitudes pour accéder aux secrets du son des glaciers.
Pour rendre ces vibrations audibles, Ugo travaille ses données dans une suite de traitements audio et de recherches à travers la filtration, les modifications temporelles, les stratifications (montage et extractions de divers enregistrements). Ugo traduit les mesures instrumentales, de simples variations de courant électrique en signal informatique, puis ajuste les fréquences et les amplitudes pour accéder aux secrets du son des glaciers.
“L'harmonie? Un grondement énorme et cadencé, d'où jaillissent les ultra-sons des mélodies éternelles que nos oreilles ne peuvent entendre;
alors chacun en soi les invente.”
- Anita Conti
alors chacun en soi les invente.”
- Anita Conti